Lutter contre les algues dans mon bassin est devenu une véritable mission ces dernières années. Après avoir transformé notre jardin pour y inclure un petit étang décoratif, j’ai rapidement été confronté à ces filaments verts disgracieux qui envahissaient l’eau. J’ai testé de nombreuses solutions, notamment le bicarbonate de soude, souvent présenté comme un remède miracle. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce efficace contre les algues filamenteuses ? Je partage avec vous mon expérience et mes découvertes sur ce sujet qui intéresse tous les propriétaires de bassins.
L’essentiel :
Le bicarbonate de soude présente des limites dans la lutte contre les algues filamenteuses malgré son utilisation répandue.
- Action limitée : modifie le pH et stabilise l’eau mais n’élimine pas totalement les algues
- Solution temporaire : traite les symptômes sans résoudre les causes profondes (excès de nutriments, exposition UV)
- Alternatives plus efficaces : oxygénation de l’eau, bactéries bénéfiques et paille d’orge
- Prévention essentielle : contrôle des paramètres, plantes compétitrices et ombrage partiel du bassin
- Approche combinée : les meilleurs résultats viennent d’une stratégie globale d’entretien
Comprendre la formation des algues filamenteuses dans votre bassin
Avant de chercher des solutions, j’ai voulu comprendre pourquoi ces algues envahissaient mon étang. Les algues filamenteuses se développent principalement à cause de deux facteurs : l’exposition excessive aux rayons UV du soleil et la présence importante de nutriments dans l’eau. Ces nutriments proviennent généralement des eaux de pluie chargées en phosphates et nitrates, mais aussi de sources internes comme une surpopulation de poissons ou un nourrissage excessif.
La première année après l’installation de mon bassin, j’ai commis l’erreur de trop nourrir mes poissons. Le résultat ne s’est pas fait attendre : une prolifération spectaculaire d’algues vertes filamenteuses qui formaient un tapis à la surface de l’eau. Ces longues fibres visqueuses s’accrochaient aux plantes et aux décorations, donnant à mon bel étang l’aspect d’une soupe verdâtre peu engageante.
Il existe différents types d’algues problématiques dans les plans d’eau :
- Les algues filamenteuses : longues, filandreuses et visqueuses, souvent vert vif
- Les algues planctoniques : microscopiques, colorant l’eau en vert et provoquant un manque d’oxygène
- Les algues bleues (cyanobactéries) : potentiellement toxiques pour la faune aquatique
Après plusieurs années d’entretien de mon bassin, j’ai appris qu’un équilibre biologique fragile doit être maintenu pour éviter la prolifération excessive de ces organismes. Tout comme il faut réfléchir avant de planter un eucalyptus pour éviter certains inconvénients, l’aménagement d’un étang nécessite une réflexion sur son équilibre écologique.
L’action du bicarbonate de soude sur les algues : mode d’emploi et efficacité
Le bicarbonate de soude est souvent présenté comme une solution naturelle contre les algues. Son action repose principalement sur sa capacité à modifier les paramètres de l’eau. Voici comment il agit :
| Paramètre | Action du bicarbonate | Dosage recommandé |
|---|---|---|
| pH | Augmente l’alcalinité (idéal entre 7,2 et 7,8) | Variable selon le pH initial |
| TAC | Régule les sels minéraux | 17g par m³ pour augmenter le TAC d’un point |
| Algues vertes | Aide à rétablir les paramètres d’eau | 500g à 2kg selon la taille du bassin |
J’ai testé cette méthode l’été dernier quand mon bassin a commencé à verdir. En ajoutant environ 1kg de bicarbonate pour mon bassin de taille moyenne, j’ai constaté une légère amélioration après quelques jours. Le pH s’est stabilisé et l’eau est devenue un peu plus claire. Toutefois, les algues filamenteuses n’ont pas complètement disparu.
Les avantages du bicarbonate sont nombreux : c’est une solution naturelle, sans danger pour les poissons et les plantes aquatiques, peu coûteuse et facilement disponible. Mais son efficacité contre les algues filamenteuses reste limitée. Il s’agit d’une solution temporaire qui traite les symptômes mais pas les causes profondes du problème.
Pour optimiser son action, il est conseillé de :
- Tester préalablement le pH de votre eau
- Appliquer le bicarbonate par temps ensoleillé
- Répartir uniformément le produit sur toute la surface
- Renouveler l’opération après 15 jours si nécessaire
- Combiner avec d’autres méthodes pour un résultat optimal

Alternatives efficaces pour combattre les algues filamenteuses
Face aux limites du bicarbonate, j’ai cherché d’autres méthodes. Certaines solutions chimiques existent, comme le sulfate de cuivre ou le peroxyde, mais je préfère les approches plus naturelles pour préserver l’écosystème de mon bassin.
L’oxygénation de l’eau s’est révélée particulièrement efficace. En installant une petite cascade et un aérateur, j’ai augmenté le niveau d’oxygène dissous dans l’eau. Cette amélioration a favorisé la décomposition aérobie et réduit considérablement la disponibilité des nutriments pour les algues. Une bonne circulation et oxygénation de l’eau est fondamentale pour limiter la prolifération des algues.
L’utilisation de bactéries bénéfiques constitue une autre solution intéressante. Ces micro-organismes se nourrissent de l’excès de nutriments et biodégradent la vase, améliorant ainsi la qualité de l’eau. Pour être efficaces, elles nécessitent un niveau d’oxygène d’au moins 2ppm, d’où l’importance d’une bonne aération.
La paille d’orge représente également une alternative naturelle aux herbicides chimiques. En se décomposant, elle crée du peroxyde au contact de l’eau et de la lumière, ce qui inhibe la croissance des algues. Son efficacité varie selon les plans d’eau, mais j’ai constaté de bons résultats dans mon bassin en plaçant quelques ballots de paille dans des filets.
Après avoir scarifié ma pelouse et suivi un guide complet d’entretien, j’ai également repensé les abords de mon bassin pour limiter le ruissellement des nutriments. Cette approche préventive a considérablement réduit l’apport en éléments nutritifs favorisant les algues.
Mesures préventives pour un bassin sans algues
La prévention reste la meilleure stratégie. Voici les mesures que j’applique désormais pour maintenir mon bassin en bonne santé :
Le contrôle régulier des paramètres de l’eau est essentiel. Je teste le pH, les nitrates et les phosphates au moins une fois par mois. Cela me permet d’ajuster rapidement si besoin avant l’apparition des algues. Un pH stable entre 7,2 et 7,8 favorise un environnement équilibré.
J’effectue des changements d’eau partiels tous les mois, en renouvelant environ 30% du volume total. Cette pratique dilue les nutriments accumulés et améliore la qualité générale de l’eau sans perturber l’équilibre biologique établi.
La gestion de l’éclairage joue également un rôle important. J’ai planté quelques arbustes pour créer une ombre partielle sur mon bassin, réduisant ainsi l’exposition directe au soleil qui favorise la photosynthèse des algues.
L’introduction de plantes compétitrices comme le cératophylle ou l’élodée a transformé mon bassin. Ces plantes à croissance rapide entrent en compétition directe avec les algues pour les nutriments disponibles, limitant naturellement leur développement. De surcroît, elles apportent une touche esthétique supplémentaire et servent d’abri pour les poissons.
Enfin, j’ai appris à nourrir mes poissons avec parcimonie, prévoyant même des jours de jeûne. Cette alimentation contrôlée réduit la quantité de déchets organiques et donc de nutriments disponibles pour les algues.
Le bicarbonate de soude peut être un allié dans la lutte contre les algues filamenteuses, mais il ne constitue pas une solution miracle. Une approche globale combinant différentes méthodes, principalement préventives, offre les meilleurs résultats pour maintenir un bassin clair et en bonne santé.




